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Début janvier 2026, un nouveau classement worldwide est venu rappeler l’ampleur de la crise sociale au Liban. Selon les données publiées par l’indice Numbeo et reprises dans plusieurs publications économiques, Beyrouth determine désormais à la 10e place mondiale des villes les plus chères du globe en termes de coût de la vie – une development spectaculaire qui contraste avec l’effondrement des salaires et du pouvoir d’achat des Libanais. Ce classement, qui tient compte du prix des loyers, des biens de consommation courante, des companies et de la santé, souligne l’incohérence entre les niveaux de prix pratiqués à Beyrouth et la réalité économique d’un pays où plus de 80 % de la inhabitants vit sous le seuil de pauvreté.
Une inflation proceed et désorganisée
Depuis 2019, le Liban traverse une hyperinflation chronique. Les prix à la consommation ont augmenté de plus de 480 % en quatre ans. En 2025 seulement, l’inflation cumulée a dépassé 70 %, malgré une relative stabilisation du taux de change parallèle. Cette inflation touche tous les secteurs de manière désorganisée : alimentation, santé, éducation, énergie, transport, logement. Aucun domaine de la vie quotidienne n’échappe à cette spirale ascendante des prix.
Le phénomène est aggravé par une dollarisation partielle de l’économie. De plus en plus de biens et companies sont facturés en devises, alors que la majorité des revenus, salaires publics notamment, sont encore payés en livres libanaises. Ce dualisme monétaire accentue les inégalités, fragilise les courses moyennes et pousse des pans entiers de la inhabitants vers l’économie informelle.
Le salaire minimal officiel, fixé à 9 tens of millions de livres libanaises par mois, représente à peine 90 {dollars} sur la base du taux parallèle en vigueur début 2026. Ce montant ne couvre même pas une semaine de programs pour une famille de quatre personnes dans un supermarché de Beyrouth. Les salaires dans le secteur public restent largement inchangés, tandis que le secteur privé s’adapte de manière inégale, avec de grandes disparités selon les entreprises et les régions.
Classement Numbeo : une anomalie révélatrice
Le website Numbeo, l’une des bases de données les plus utilisées pour comparer le coût de la vie dans le monde, a publié en janvier 2026 une mise à jour de son indice world. Beyrouth y apparaît comme la 10e ville la plus chère de la planète, devant Paris, Berlin ou Tokyo. Ce classement se base sur un panier de plus de 50 indicateurs de consommation, incluant le prix du logement, de la nourriture, des soins, des transports, de l’habillement et des loisirs.
Par exemple, le loyer mensuel moyen d’un appartement de deux pièces dans un quartier central de Beyrouth dépasse désormais les 850 {dollars}. Une easy session médicale en clinique privée coûte entre 70 et 100 {dollars}. Un litre d’essence se vend à 1,3 greenback, tandis que le prix du kilowattheure d’électricité fournie par des générateurs privés a franchi la barre des 60 cents. Ces chiffres sont comparables à ceux de villes situées dans des pays à revenu élevé, mais sans les companies publics ni les infrastructures.
Cette place dans le classement révèle une distorsion structurelle : le Liban cumule les prix d’un pays riche avec les revenus d’un pays pauvre. Cette anomalie est devenue l’un des symptômes les plus visibles de l’échec des politiques de stabilisation.
Un marché locatif devenu inaccessible
Le secteur du logement est l’un des plus frappés par la dollarisation. La majorité des nouveaux contrats de bail sont signés en {dollars} money. Les propriétaires exigent des paiements anticipés sur six mois, voire un an. Les anciens contrats signés en livres libanaises avant 2019 ont été progressivement résiliés, remplacés par de nouveaux baux indexés sur le taux parallèle du greenback.
Cette évolution exclut de facto une grande partie de la inhabitants des quartiers centraux. Les familles déplacées doivent se contenter de logements plus éloignés, souvent sans companies de base. Le phénomène alimente un exode urbain silencieux vers les banlieues périphériques ou le retour forcé dans les villages d’origine. À Beyrouth même, le tissu social change rapidement, au revenue d’une inhabitants plus cellular, souvent soutenue par des revenus extérieurs.
Le secteur de la santé sous pressure
Les soins médicaux sont devenus un luxe. Le retrait progressif de l’État et des assurances sociales dans le financement du système de santé a laissé place à un marché entièrement libéralisé. Les cliniques privées fixent librement leurs prix, et les sufferers doivent payer à l’avance, y compris en cas d’urgence. Le coût d’une hospitalisation moyenne dépasse désormais les 2 000 {dollars}, hors chirurgie.
Les médicaments sont eux aussi largement facturés en devises. Certains traitements de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension coûtent plusieurs centaines de {dollars} par mois. Les familles n’ont d’autre choix que de réduire les doses, alterner les prises ou recourir à des réseaux parallèles d’approvisionnement.
Le résultat est une dégradation rapide de la santé publique : interruption des traitements, retards de diagnostics, augmentation des problems médicales, hausse de la mortalité évitable. Le système médical libanais, autrefois considéré comme l’un des meilleurs de la région, est désormais inaccessible à une majorité de la inhabitants.
L’alimentation, un poste de dépense explosif
Le panier alimentaire moyen pour une famille de quatre personnes atteint aujourd’hui 700 à 900 {dollars} par mois. Les produits de base – ache, riz, huile, sucre – ont vu leur prix quadrupler en trois ans. Les produits frais comme les fruits, légumes, viandes et produits laitiers sont devenus inabordables pour de nombreux foyers.
Les Libanais modifient leurs habitudes de consommation : moins de protéines animales, plus de conserves et de féculents, recours accru aux produits importés à bas coût ou à la contrebande. Cette évolution a des effets directs sur la vitamin, notamment chez les enfants. Le taux d’anémie et de retard de croissance a augmenté dans les quartiers les plus défavorisés, selon les organisations de santé opérant sur le terrain.
L’inflation alimentaire n’est pas compensée par une politique publique cohérente. Les aides sociales restent fragmentaires, peu ciblées, et souvent détournées. Le programme de cartes électroniques d’aide alimentaire lancé avec le soutien d’organisations internationales est encore loin de couvrir les besoins.
Les transports : mobilité réduite pour inhabitants piégée
Le prix du carburant a été totalement libéralisé en 2023. Le litre d’essence, vendu aujourd’hui à plus de 1,3 greenback, est devenu un bien de luxe. Le coût d’un plein dépasse 80 {dollars} pour une voiture moyenne. Les companies de transport public sont défaillants : vieux bus, absence de lignes régulières, réseau ferroviaire inexistant.
Résultat : la mobilité devient un facteur d’exclusion. De nombreux Libanais, notamment en milieu rural, ne peuvent plus se rendre au travail quotidiennement ou accéder aux companies administratifs et médicaux situés en ville. Le transport privé, auparavant banal, devient un privilège. Le covoiturage et les réseaux informels se multiplient, mais restent précaires.
Cette fracture de la mobilité accentue les inégalités entre les régions et contribue à l’isolement social. Elle a aussi des effets économiques : réduction de l’offre de travail, difficulté d’accès aux marchés, ralentissement de l’activité.
L’éducation : un luxe inaccessible pour une génération sacrifiée
L’enseignement privé, qui représente plus de 70 % de l’offre scolaire au Liban, est devenu insoutenable pour une majorité de familles. Les frais de scolarité dans les établissements francophones, anglophones ou communautaires dépassent désormais 5 000 {dollars} annuels par élève dans les cycles élémentaires, et atteignent jusqu’à 10 000 {dollars} pour les niveaux secondaires. À ces frais s’ajoutent les coûts des fournitures, du transport et des uniformes.
Face à cette pression financière, de nombreuses familles se tournent vers l’enseignement public. Mais celui-ci souffre d’un sous-financement chronique, d’un manque d’infrastructures, et d’une fuite huge des enseignants vers le privé ou l’étranger. Les grèves dans le secteur public sont récurrentes. Les interruptions d’année scolaire se multiplient, entraînant un décrochage massif des élèves, notamment dans les régions rurales et défavorisées.
Les universités privées ne sont pas épargnées. Les droits d’inscription dans les établissements les plus réputés dépassent les 15 000 {dollars} annuels. La majorité des étudiants n’ont plus accès aux bourses ou à des prêts bancaires. Le résultat est une désaffection progressive pour les filières longues, et une fuite croissante des skills à l’étranger. L’éducation, longtemps fierté du modèle libanais, devient un privilège réservé aux courses connectées à la diaspora ou aux revenus extérieurs.
Biens de consommation et companies courants : le quotidien devenu précaire
Les biens de consommation, même les plus élémentaires, affichent des prix alignés sur les requirements des pays développés. Une bouteille d’eau minérale coûte en moyenne 0,7 greenback. Une recharge de gaz domestique dépasse les 15 {dollars}. Un forfait téléphonique mensuel avec accès à Web revient à près de 40 {dollars}. Le prix d’une coupe de cheveux dans un salon basique s’élève à 15 {dollars}. Ces prix, anodins dans d’autres contextes, sont prohibitifs dans un pays où le revenu médian ne dépasse pas 200 {dollars} mensuels.
Les ménages ont modifié leurs modes de vie. Les loisirs sont supprimés. Les achats sont rationnés. L’utilization des cartes bancaires, fortement limité, contraint les paiements en money. Les abonnements à des companies comme les plateformes numériques, les golf equipment de sport, les activités extra-scolaires sont devenus exceptionnels. La consommation se recentre sur la survie, non plus sur le confort ou l’épanouissement.
Comparaison régionale : une anomalie libanaise
En comparaison avec d’autres villes arabes, le cas de Beyrouth est distinctive. À Dubaï, Doha, Riyad ou Amman, les prix sont certes élevés, mais ils sont alignés sur des niveaux de revenus supérieurs, une couverture sociale plus développée, et une stabilité monétaire. À Tunis, Alger ou Le Caire, les prix sont en général deux à trois fois inférieurs à ceux de Beyrouth, notamment pour les denrées de base et les companies publics.
Beyrouth est la seule capitale de la région où l’on trouve une tarification en devises étrangères généralisée, sans contrepartie institutionnelle, dans un pays dépourvu de toute forme de régulation des prix. Cette state of affairs reflète l’échec de la politique monétaire, l’absence de plan social, et la connivence implicite entre certains acteurs privés et les autorités.
Conséquences sociales : une fragmentation accélérée
Le maintien d’un coût de la vie élevé dans un contexte de paupérisation accélérée a des effets dévastateurs sur la cohésion sociale. Le pays se fragmente entre une minorité disposant de revenus externes (transferts familiaux, salaires en devises, rentes immobilières) et une majorité condamnée à l’appauvrissement progressif. Les tensions sociales augmentent, les protestations reprennent sporadiquement, et le sentiment d’injustice se généralise.
De plus en plus de familles vivent dans la précarité absolue. Le soutien worldwide, bien que essential, ne compense pas l’effondrement de l’État social. L’aide humanitaire ciblée ne remplace pas une politique publique. L’absence de safety contre les abus du marché accentue le sentiment d’abandon.
Ce climat alimente l’émigration, qui atteint des niveaux historiques. Des dizaines de milliers de jeunes qualifiés quittent le Liban chaque année, réduisant la base productive et accentuant la dépendance aux transferts extérieurs. La spirale est enclenchée : plus les prix restent élevés, plus les compétences partent, moins la productivité nationale progresse, plus la dépendance augmente.
Aucune perspective de régulation
Jusqu’à présent, aucune mesure de régulation des prix n’a été sérieusement envisagée. Le ministère de l’Économie, sous-financé et politiquement marginalisé, se limite à quelques contrôles sporadiques. Les lois sur la concurrence et les monopoles, bien qu’existantes, ne sont pas appliquées. Les grandes entreprises de distribution, souvent liées à des groupes politiques ou financiers, imposent leurs prix sans justification.
Le secteur bancaire, dont la paralysie limite l’accès au crédit, aggrave la state of affairs : en l’absence de financement, les petites entreprises ne peuvent ajuster leurs prix. Seuls les grands groupes disposent des marges de manœuvre pour négocier leurs coûts d’importation et maintenir des shares. Cela renforce leur domination sur le marché, au détriment des petits acteurs.
Enfin, aucune réforme fiscale ou sociale n’est venue corriger ces déséquilibres. Les subventions ont été supprimées sans mécanisme de compensation. Le panier alimentaire subventionné, lancé puis abandonné en 2022, n’a jamais été remplacé. Les tentatives de créer un registre nationwide de safety sociale sont restées au stade du projet pilote.
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