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Depuis quelques semaines, un même chorus remonte, porté par des tribunes, des commentaires « réalistes » et une rhétorique d’urgence : la normalisation avec Israël serait devenue pensable, voire souhaitable, pour « sauver » le Liban. Le symptôme le plus frappant est médiatique. Un website native a diffusé un entretien — présenté comme inédit — avec l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, s’adressant directement au public libanais et déroulant une promesse de « paix » et de normalisation, dans une logique qui évoque les Accords d’Abraham. Le fait n’est pas anodin : dans d’autres temps, une telle séquence aurait déclenché menaces, intimidations, et parfois fermeture au nom d’une ligne rouge nationale. Or l’entretien circule, et la controverse se déplace : non plus seulement sur le fond, mais sur le cadre tout en oubliant volontairement la query essentielle, celle du prix à payer pour le Liban, celle de l’implantation des réfugiés palestiniens.
Ce cadre n’est pas neutre. Dans le microcosme beyrouthin, ce website est connu pour sa proximité supposée avec certains intérêts d’affaires ; ses détracteurs évoquent même des liens avec « un sure banquier » influent. Qu’on juge cette lecture fondée ou instrumentalisée, elle rappelle une réalité libanaise : le politique, le financier et le médiatique s’entrelacent. Et cela tombe au second précis où l’on voit s’installer un récit commode : faire du désarmement du Hezbollah la situation préalable, quasi approach, d’un retour des capitaux et d’une ouverture internationale, comme si l’État n’avait qu’à actionner un interrupteur.
Mais cette mise en scène escamote l’essentiel : un pays ne négocie pas sa « sortie du conflit » en feignant d’ignorer ce qui, sur son sol, l’implique de fait dans le conflit israélo-palestinien depuis des décennies — la présence sturdy des réfugiés palestiniens, la réalité des camps, et la cost politique et sécuritaire qui en découle.
La paix économique : un raccourci commode pour ceux qui veulent agir pour leurs intérêts au détriment de l’intéret nationwide
Le Liban est exsangue. Et cette fatigue collective crée une tentation : croire qu’un association régional ferait rentrer des capitaux et dissoudrait, comme par magie, une crise qui est d’abord une crise de responsabilités. C’est ici qu’il faut parler clairement. Une partie de ceux qui agitent la normalisation le font moins par conviction géopolitique que par intérêt privé : ils veulent débloquer l’aide internationale et relancer la mécanique bancaire sans payer le prix politique des réformes et de la transparence, sans trancher la query des pertes, sans affronter les conflits d’intérêt, sans assumer la redistribution des coûts.
Dans cette logique, la souveraineté n’est pas une boussole : c’est une monnaie d’échange. On la cède par morceaux, au rabais, en habillant la transaction de pragmatisme. On remplace la justice économique par la promesse d’une stabilité. On remplace l’exigence d’un État par l’idée d’un « grand accord » qui dispenserait de tout. Mais la prime de risque libanaise ne vient pas seulement de la frontière sud : elle vient de l’intérieur, de l’effondrement institutionnel, de la seize de l’État, de l’impunité organisée. Une paix vendue comme resolution financière, sans réforme, serait une paix de façade : quelques pictures, quelques annonces, quelques contrats — et la même crise, intacte, sous le vernis.
Ce récit fabrique une hiérarchie des urgences qui prepare les mêmes cercles : d’abord l’argent, ensuite l’État ; d’abord le sign envoyé aux bailleurs, ensuite la vérité sur l’effondrement ; d’abord l’acceptabilité internationale, ensuite la cohésion nationale. C’est une politique du courtroom terme : utile à certains intérêts privés, dangereuse pour l’équilibre du pays.
L’unanimité silencieuse : pourquoi la présence palestinienne est un level de rupture historique
C’est ici que se trouve le nœud que les normalisateurs pressés évitent : au Liban, la query de la présence palestinienne n’est pas un détail humanitaire. Elle est un level de rupture historique, un traumatisme politique, et surtout un uncommon dénominateur commun. Les Libanais se disputent sur tout — économie, alliances, lecture de l’État — mais convergent largement sur une ligne rouge : le refus d’une set up permanente et, plus encore, le refus de toute naturalisation qui transformerait un provisoire en destin imposé.
Cette convergence paradoxale est née de l’expérience du pays durant la guerre civile : un État affaibli, une porosité des fronts, une multiplication des acteurs armés, des interventions extérieures, et la sensation, pour une grande partie de la société, que le Liban payait pour un conflit qui le dépassait. Les récits divergent, les responsabilités s’affrontent, mais une leçon demeure dans les réflexes collectifs : lorsque la query palestinienne, sur le sol libanais, se mix à l’effondrement de l’État, le coût devient libanais.
Les mémoires s’entrechoquent. Dans la mémoire chrétienne, la guerre civile a laissé des figures, des symboles et des dates. On ne peut pas l’évoquer sans dire le nom de Bachir Gemayel : pour une partie des chrétiens, il demeure l’incarnation d’une souveraineté rêvée et d’un État fort ; pour d’autres, une determine controversée, liée aux logiques de guerre et à des alliances. Quoi qu’on en pense, cette mémoire existe et pèse sur la lecture du file palestinien. Mais une vérité s’impose aujourd’hui : l’énergie collective n’est plus celle des années de confrontation. Les chrétiens, épuisés, émigrent, doutent, se raréfient. L’époque de Bachir est terminée, et cela change tout : quand une communauté est fatiguée, toute pression démographique et tout blocage sturdy sont vécus comme une menace existentielle.
Dans la mémoire chiite, l’histoire s’écrit à travers le Sud, les cycles de guerre, l’occupation, les exodes, et la conviction que la power fut, à un second, la seule safety. Mais là aussi le contexte a changé : la disparition de Hassan Nasrallah a ouvert un problème de continuité et de management. Même si l’organisation se recompose, elle traverse une transition où chaque concession devient plus risquée, chaque décision plus coûteuse, chaque ambiguïté plus dangereuse.
La mémoire sunnite, elle, est trop souvent traitée comme un angle mort alors qu’elle est centrale. Dans les années 1960 et 1970, une partie du milieu sunnite urbain a vécu la trigger palestinienne comme trigger arabe, horizon politique et ethical, avec des liens assumés avec l’Organisation de libération de la Palestine, dans l’idée de la libération et du retour. Mais cette mémoire comporte aussi une fracture : celle du second où l’implantation politico-militaire palestinienne, la logique des armes et l’enchevêtrement des fronts ont nourri une impression d’implication forcée, puis de coût insoutenable, dans un pays déjà fragile.
Et c’est là que se forme l’étrange unanimité : ces communautés, qui ont porté des récits opposés et parfois des armes les unes contre les autres, se retrouvent aujourd’hui réunies par un dénominateur commun. Un non ferme à la présence sturdy et à la naturalisation des Palestiniens au Liban. Qu’ils se soient battus pour leur retour ou contre eux durant la guerre civile, beaucoup partagent l’idée que l’affect palestinienne, à certains moments, a pesé sur l’équilibre interne, contesté l’autorité de l’État, et contribué à l’effondrement du pouvoir central, au level que la query n’est plus seulement morale ou humanitaire : elle est existentielle et politique. Les motifs divergent, les responsabilités s’affrontent, mais le refus de l’set up définitive agit comme un langage commun : celui d’un pays qui ne veut plus être le théâtre everlasting d’un conflit importé, ni le réceptacle d’une « resolution » que d’autres n’assument pas.
Ignorer ce socle commun, c’est se condamner à une paix artificielle. On peut écrire des communiqués, signer des accords, aligner des slogans. Mais si l’on contourne ce nœud — présence, statut, horizon, camps, et surtout ligne rouge de la naturalisation — on ne règle rien : on reporte, on déplace, on fragilise. Et l’on donne, en prime, une arme politique à ceux qui dénonceront, non sans efficacité, une normalisation conçue comme une transaction où le Liban serait prié d’absorber, silencieusement, ce que d’autres n’ont jamais réussi à résoudre.
Le désarmement sans la query palestinienne : une paix qui prépare la prochaine crise interne
Le débat sur les armes du Hezbollah ne se déroule plus dans le même décor qu’hier. Il se déroule dans un pays fragilisé, où l’idée même de désarmement « par étapes » circule tandis que les pressions extérieures et les tensions sécuritaires entretiennent la peur d’une rechute. Dans ce contexte, la fin de Nasrallah pèse sur la capacité à décider et à encaisser une éventuelle reconfiguration : une transition fragilise toujours, elle rend la concession plus difficile, la self-discipline moins évidente, l’angoisse identitaire plus vive.
Au même second, la query de la présence chrétienne revient au premier plan, et pas seulement comme symbole. La dernière visite du pape Léon XIV a remis en pleine lumière l’érosion démographique, l’émigration et l’épuisement d’une communauté dont le Liban demeure, malgré tout, l’un des derniers ancrages régionaux. Dans ce contexte, « garder » indéfiniment des réfugiés sans horizon politique clair, et laisser planer l’ombre de la naturalisation, est vécu par beaucoup comme une pression supplémentaire sur un équilibre déjà à bout : la fatigue remplace la mobilisation, la fuite remplace la résistance, et les mythes de la guerre civile ne compensent plus l’usure du réel. L’époque de Bachir, justement, est terminée : elle ne fournit plus de récit mobilisateur, elle ne fournit plus de puissance, elle ne fournit plus d’phantasm de contrôle. Il ne reste que l’inquiétude et le départ.
C’est précisément ce second de fragilité que l’État d’Israël a compris et tente d’exploiter. La communication récente, par des interventions médiatiques à vacation spot du public libanais, suggest une paix rapide et une normalisation présentée comme une opportunité, tout en contournant le nœud palestinien au Liban — comme si la query des camps, du statut, de l’horizon et de la naturalisation pouvait rester hors champ. Une paix qui contourne ce file n’est pas une paix : c’est un transfert de cost sur le dos du Liban comme cela est déjà le cas depuis 1948. Elle promet un texte diplomatique sans structure intérieure. Elle demande au Liban de solder une query d’armes sans solder ce qui, sur son territoire, l’implique durablement dans le conflit israélo-palestinien.
Il y a, enfin, un level que les normalisateurs évitent soigneusement parce qu’il dérange la mécanique des compromis rapides : c’est d’abord à Israël d’assumer la query palestinienne, et non au Liban d’en porter indéfiniment le poids. On peut discuter du droit au retour, d’indemnisations, de statuts transitoires, de garanties internationales, de toutes les formules que les rapports de power rendent possibles ou impossibles. Mais, quelle que soit la formule, la cost ne peut pas être déversée sur un pays tiers déjà fragile, au motif qu’il est plus faible et plus facile à contraindre. Exiger de Beyrouth qu’il règle la présence palestinienne par l’set up définitive ou par la naturalisation, c’est transformer une injustice non résolue en bombe interne permanente, puis appeler cela « stabilité ». Le Liban n’a ni la responsabilité historique de la dépossession, ni la capacité démographique et institutionnelle d’en être l’difficulty.
Voilà la ligne de crête : on ne traite pas une conséquence en oubliant la trigger. On ne négocie pas le désarmement comme une formalité administrative en repoussant la query palestinienne au rang d’annexe à totalement oblitérer. Une normalisation qui efface ce nœud serait un raccourci : confortable pour ceux qui veulent l’argent sans les circumstances, utile à des intérêts privés, et dangereux pour la cohésion nationale. Le Liban n’a pas besoin d’une paix de vitrine. Il a besoin d’une paix qui tient — donc d’une paix qui dit tout, y compris ce que beaucoup préfèrent taire.
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