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L’accord signé entre le Liban, Israël et les États-Unis ne se limite pas à un cadre diplomatique destiné à mettre fin aux hostilités au Sud-Liban. Derrière le texte public, déjà lourd de conséquences politiques, se trouve une annexe sécuritaire restée classée secrète. Officiellement, cette annexe n’a pas été publiée à la demande du gouvernement libanais. Politiquement, cette précision est essentielle. Elle indique que le contenu de ce doc est suffisamment smart pour ne pas être assumé devant l’opinion publique libanaise.
Le cœur du problème n’est pas seulement le retrait progressif de l’armée israélienne, ni même le désarmement du Hezbollah dans certaines zones du Sud. Le level le plus explosif est ailleurs : l’annexe organiserait, selon les médias ayant rapporté son contenu général, une forme de coordination opérationnelle entre l’armée libanaise et l’armée israélienne, sous médiation américaine. Autrement dit, deux armées officiellement ennemies, sans traité de paix, sans reconnaissance politique complète et après des mois de guerre, seraient désormais appelées à agir selon une séquence sécuritaire commune.
Le texte public parle d’un mécanisme de coordination militaire trilatéral, facilité par les États-Unis. Cette formule diplomatique semble method. Elle ne l’est pas. Elle signifie que Washington servirait d’interface entre les deux events pour organiser le passage progressif de certaines zones du Sud-Liban sous contrôle de l’armée libanaise, en lien avec le redéploiement israélien. Le Liban ne négocierait donc plus seulement une place politique. Il entrerait dans une structure sécuritaire dans laquelle les mouvements de son armée, les zones à reprendre, les critères de vérification et les étapes du retrait israélien seraient discutés dans un cadre impliquant directement Israël.
C’est précisément ce que l’annexe secrète rend politiquement inflammable. Publiée dans son intégralité, elle pourrait donner l’picture d’une coopération militaire de fait entre l’armée libanaise et l’armée israélienne. Même si cette coopération est indirecte, encadrée par les États-Unis et présentée comme un mécanisme de stabilisation, elle constituerait une rupture majeure dans l’histoire récente du Liban. Jusqu’ici, la ligne officielle libanaise reposait sur trois piliers : retrait israélien, souveraineté de l’État libanais, refus de toute normalisation. L’annexe semble introduire une logique différente : souveraineté libanaise, oui, mais vérifiée, séquencée et coordonnée avec Israël.
Selon les médias, cette annexe détaillerait les zones pilotes dans lesquelles l’armée libanaise devrait se déployer. Elle préciserait aussi les modalités du redéploiement israélien, les mécanismes de vérification du démantèlement des infrastructures du Hezbollah et les circumstances permettant le retour des civils. En apparence, il s’agit d’une procédure militaire. En réalité, c’est une forme de contrôle politique du territoire libanais par étapes. L’armée libanaise ne reprendrait pas simplement le Sud parce qu’il s’agit d’un territoire nationwide. Elle le reprendrait dans le cadre d’un mécanisme validé par Israël et les États-Unis, avec des critères sécuritaires imposés ou négociés.
La query la plus smart concerne la vérification. Qui décide qu’une zone est suffisamment « nettoyée » des infrastructures du Hezbollah ? Qui certifie que l’armée libanaise contrôle effectivement le terrain ? Qui juge que le retrait israélien peut passer à l’étape suivante ? Si Israël preserve un droit de regard, même oblique, alors l’accord ne se contente pas de restaurer l’autorité de l’État libanais. Il place cette autorité sous situation sécuritaire extérieure.
C’est là que la demande libanaise de classification prend tout son sens. Le gouvernement libanais sait qu’une telle lecture serait politiquement explosive. Pour une partie de l’opinion publique, l’accord pourrait être présenté comme une tentative de restaurer la souveraineté nationale. Pour d’autres, il apparaîtrait comme une coordination sécuritaire avec l’ennemi. Le Hezbollah, mais aussi ses alliés et une partie de la inhabitants chiite du Sud, peuvent y voir une légalisation de la présence israélienne tant que les circumstances fixées ne sont pas remplies. Ils peuvent aussi y voir une tentative de transformer l’armée libanaise en power chargée de faire, sous pression américaine et israélienne, ce qu’Israël n’a pas réussi à obtenir durablement par la guerre : le démantèlement de l’infrastructure militaire du Hezbollah au sud du pays.
L’autre élément troublant est l’absence de calendrier automatique. Israël ne semble pas s’engager à un retrait complete à date fixe. Le retrait serait lié à des étapes, à des zones, à des vérifications. Cela donne à Israël une capacité de blocage. Si une zone est jugée insuffisamment sécurisée, si une infrastructure est découverte, si une activité du Hezbollah est signalée, le redéploiement israélien peut être retardé. Le Liban se retrouverait alors dans une state of affairs paradoxale : son armée serait appelée à coopérer au processus, mais sans garantie immédiate de récupérer l’ensemble de son territoire.
Cette structure crée un précédent. Elle place l’armée libanaise au centre d’un dispositif où elle doit simultanément rassurer Israël, satisfaire Washington, éviter l’affrontement interne avec le Hezbollah et préserver sa légitimité nationale. C’est une mission presque unattainable. Trop de fermeté contre le Hezbollah peut ouvrir une crise interne majeure. Trop de prudence peut permettre à Israël de maintenir sa présence. Trop de coordination avec Israël peut être perçue comme une normalisation militaire. Trop peu de coordination peut faire échouer l’accord.
L’annexe secrète est donc probablement le vrai texte de l’accord. Le doc public vend une formule politique : paix, sécurité, souveraineté, retour des habitants. L’annexe, elle, organiserait la mécanique concrète : qui se déploie, où, quand, sous quelle vérification, avec quelle coordination et au bénéfice de quelle garantie sécuritaire. C’est cette mécanique qui dérange. Automobile elle transforme le Sud-Liban en laboratoire d’un nouvel équilibre : une souveraineté libanaise encadrée par Washington, surveillée par Israël et contestée par le Hezbollah.
Le gouvernement libanais a peut-être demandé le secret pour éviter une explosion immédiate. Mais le secret ne règle rien. Au contraire, il nourrit le soupçon. Dans un pays déjà traumatisé par la guerre, les destructions, les déplacements et l’effondrement économique, un accord de sécurité qui implique l’armée israélienne, même indirectement, ne peut pas rester longtemps dans l’ombre. S’il s’agit réellement de restaurer la souveraineté libanaise, alors les Libanais devront savoir à quel prix. S’il s’agit d’installer une coordination militaire déguisée, alors le débat politique ne fait que commencer.
Si le texte des 14 factors rendus publics suscite déjà la controverse, on ne peut que s’interroger sur l’étendue des autres concessions faites par le Liban et présents dans cette annexe.
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