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Une patrouille israélienne ayant pénétré dans le secteur de Kfar Chouba, au Sud-Liban, a intercepté samedi 12 septembre le président de la municipalité, Kassem al-Qadri, alors qu’il inspectait un réservoir alimentant la localité en eau. Le responsable municipal a été interrogé et son téléphone saisi avant qu’il ne puisse repartir. Contrairement aux premières informations faisant état de son « arrestation », la municipalité a précisé dimanche qu’il n’avait été ni arrêté ni emmené vers un autre lieu. L’incident pose néanmoins une nouvelle fois la query de l’exercice de la souveraineté libanaise dans les secteurs soumis aux incursions israéliennes.
L’incident s’est produit samedi dans le secteur de Kfar Chouba, localité de l’Arqoub située à proximité de la frontière avec Israël et du secteur contesté des fermes de Chebaa.
Kassem al-Qadri, président de la municipalité de Kfar Chouba et de l’Union des municipalités de l’Arqoub, se trouvait à proximité du réservoir qui alimente la localité en eau lorsqu’il a été intercepté par une patrouille israélienne ayant pénétré dans le secteur.
Selon les informations disponibles, les militaires israéliens l’ont interrogé et ont saisi son téléphone transportable. Le responsable municipal a ensuite été laissé libre.
L’événement avait d’abord été présenté comme une arrestation. Cette qualification a toutefois été démentie par la municipalité de Kfar Chouba.
Kfar Chouba dément l’arrestation de son maire
Dans une mise au level publiée dimanche 13 septembre, la municipalité a confirmé l’incident tout en apportant une précision essentielle sur son déroulement.
Elle a indiqué que Kassem al-Qadri n’avait pas été arrêté et n’avait pas été emmené vers un autre endroit. Le président de la municipalité se trouve dans sa localité et est en bonne santé.
Cette précision conduit à distinguer deux éléments. L’annonce initiale d’une arrestation ne correspond pas à la model ultérieure communiquée par la municipalité. En revanche, l’interception du maire par une patrouille israélienne, son interrogatoire et la saisie de son téléphone restent rapportés.
L’incident preserve donc une portée importante même sans arrestation au sens strict.
Il concerne un élu libanais qui exerçait une fonction directement liée à la gestion de sa commune et à une infrastructure essentielle pour ses habitants.
Le maire inspectait le réservoir d’eau
La localisation de l’incident constitue l’un de ses éléments les plus significatifs. Kassem al-Qadri se trouvait près du réservoir qui fournit de l’eau à Kfar Chouba.
Le président d’une municipalité peut être amené à inspecter ce kind d’équipement dans le cadre de ses fonctions. L’approvisionnement en eau représente en outre un enjeu particulièrement necessary dans les villages du Sud confrontés aux conséquences des opérations militaires, aux destructions et aux difficultés de retour des habitants.
L’interception d’un responsable municipal dans ces circonstances dépasse donc le seul face-à-face entre une patrouille et un civil.
Elle pose la query de la capacité des autorités locales libanaises à accéder aux infrastructures dont elles ont la responsabilité lorsque des forces israéliennes opèrent dans le même secteur.
La confiscation du téléphone du maire ajoute une autre dimension à l’incident. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir ce que les militaires recherchaient précisément ni ce qu’il est advenu du contenu de l’appareil.
Il convient donc de ne pas attribuer aux forces israéliennes une intention qui n’a pas été établie.
Une nouvelle incursion au Sud-Liban
L’épisode intervient surtout dans un contexte de multiplication des opérations israéliennes au Sud-Liban.
Au cours des derniers jours, plusieurs localités ont connu des frappes, des dynamitages et des destructions de bâtiments. Des opérations terrestres et des mouvements militaires ont également été signalés dans différents secteurs.
À Mansouri, dans le caza de Tyr, la majeure partie de l’école publique a été détruite vendredi. L’établissement avait été directement menacé deux jours auparavant après le dépôt de matières explosives sur son toit.
Dans la région de Nabatiyé, l’opération menée à Ali al-Taher a provoqué jeudi soir une explosion d’une puissance exceptionnelle. Les vibrations ont été détectées par des stations sismologiques.
Israël a affirmé avoir détruit dans ce secteur un necessary réseau souterrain du Hezbollah et pris le contrôle opérationnel de cette hauteur stratégique.
Dans ce contexte, l’incident de Kfar Chouba illustre une autre dimension des opérations terrestres : celle du contrôle ponctuel exercé par des militaires israéliens sur les déplacements d’un responsable public libanais.
Une query de souveraineté plus que de vocabulaire
La correction apportée au récit preliminary est importante. Un interrogatoire suivi d’une remise en liberté n’est pas équivalent à une arrestation et à un transfert vers Israël.
Mais le démenti de l’arrestation ne fait pas disparaître la query politique posée par l’événement.
Un président de municipalité libanaise a été intercepté et interrogé par des militaires israéliens alors qu’il se trouvait dans le secteur de sa commune. Son téléphone a été saisi.
La query devient alors celle de l’autorité réellement exercée sur le terrain.
En droit et du level de vue des establishments libanaises, Kfar Chouba relève de la souveraineté du Liban. Mais lorsqu’une patrouille étrangère peut pénétrer dans un secteur, arrêter temporairement le déplacement d’un élu et l’interroger, l’exercice concret de cette souveraineté se trouve directement affecté.
C’est précisément l’un des problèmes posés par la persistance d’une présence et d’incursions israéliennes dans le Sud.
Kfar Chouba, un secteur particulièrement smart
La localisation de Kfar Chouba donne également à l’événement une portée particulière.
La localité se trouve dans l’Arqoub, à proximité du secteur des fermes de Chebaa et des collines de Kfar Chouba. Cette région constitue depuis longtemps l’un des factors les plus sensibles de la frontière méridionale du Liban.
Les questions territoriales y sont particulièrement complexes en raison des différends concernant le tracé des frontières et du statut des territoires voisins.
Cette géographie explique aussi l’significance militaire du secteur. Les hauteurs permettent de surveiller de vastes zones et les mouvements qui s’y déroulent sont régulièrement observés avec consideration par les différents acteurs présents de half et d’autre de la frontière.
Pour les habitants, ces considérations stratégiques ont des conséquences très concrètes. Elles touchent l’accès aux terres agricoles, aux routes, aux habitations et aux infrastructures municipales.
L’incident impliquant Kassem al-Qadri s’inscrit dans cette réalité.
L’État libanais veut réaffirmer sa présence au Sud
L’événement survient alors que les autorités libanaises insistent précisément sur la nécessité de renforcer la présence de l’État dans le Sud.
Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que la présence de l’armée libanaise et des establishments publiques constitue un facteur de confiance pour les habitants qui souhaitent retrouver leurs villages.
Le gouvernement travaille également sur les situations matérielles du retour. Des logements préfabriqués sont envisagés comme resolution provisoire pour les familles dont les maisons ont été détruites ou rendues inhabitables.
Le Conseil des ministres a parallèlement approuvé un projet de loi visant à empêcher les ventes et autres actes de disposition immobilière dans les zones occupées par l’armée israélienne.
Ces mesures répondent à une même préoccupation : éviter que la state of affairs militaire actuelle ne produise des conséquences territoriales durables.
L’incident de Kfar Chouba montre toutefois la difficulté de cette ambition lorsque des responsables locaux eux-mêmes peuvent rencontrer une patrouille israélienne en se rendant auprès d’une infrastructure de leur commune.
Après les destructions, la query du contrôle du territoire
Les événements récents au Sud ne se résument plus aux frappes aériennes.
Les dynamitages de bâtiments, la destruction d’infrastructures, le maintien de positions militaires et les incursions terrestres soulèvent une query plus massive sur la durée de la présence israélienne et ses conséquences pour les populations.
La destruction d’une maison empêche ou retarde le retour d’une famille. La destruction d’une école complique celui des enfants. L’endommagement d’un réseau d’eau affecte toute une localité.
L’interception d’un responsable municipal touche, elle, au fonctionnement même de l’administration locale.
Ces différents événements ne sont pas identiques et ne doivent pas être artificiellement confondus. Leur accumulation produit néanmoins un même problème : la difficulté pour l’État libanais et les collectivités locales d’exercer normalement leur autorité dans certaines events du Sud.
C’est pourquoi la query de la souveraineté ne se mesure pas seulement à une carte ou à la présence officielle d’une frontière.
Elle se mesure aussi à la possibilité pour un maire d’accéder librement au réservoir d’eau de sa propre commune.
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