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Home Western Asia Lebanon

Captagon : l’armée saisit 1,2 million de pilules | Justice

by Asia Today Team
August 12, 2026
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L’armée libanaise a saisi environ 1,2 million de comprimés de captagon qui étaient en cours de préparation pour être acheminés hors du pays, une nouvelle opération contre un trafic devenu depuis plus d’une décennie l’un des principaux dossiers sécuritaires entre le Liban, la Syrie et les monarchies du Golfe. Deux personnes ont été arrêtées alors qu’elles conditionnaient la drogue dans un véhicule dans la région de Sarba, au Kesrouan, au nord de Beyrouth, selon les informations communiquées mardi 11 août 2026 par l’establishment militaire. L’opération intervient à un second particulièrement smart pour Beyrouth : l’Arabie saoudite vient seulement de lever, en juin, les restrictions imposées depuis près de cinq ans aux importations libanaises, dont l’une des causes majeures avait précisément été la multiplication des cargaisons de captagon destinées au royaume.

La saisie reste très inférieure aux prises document réalisées au Liban ces dernières années, mais son significance réside autant dans sa vacation spot que dans son quantity. Les 1,2 million de pilules étaient déjà en cours de dissimulation dans un véhicule afin d’être sorties du territoire. L’armée n’a pas précisé publiquement le pays de vacation spot ni la valeur marchande de la cargaison. Elle a indiqué que les deux personnes interpellées avaient été remises, avec les produits saisis, aux autorités compétentes afin de poursuivre l’enquête. Le file doit désormais permettre de déterminer l’origine des comprimés, leur lieu de fabrication, l’itinéraire prévu et surtout l’identité du réseau qui devait prendre en cost leur transport après leur sortie du Liban.

À Sarba, une cargaison déjà prête à partir

L’opération s’est déroulée loin des zones traditionnellement associées à la manufacturing de stupéfiants dans la Békaa. C’est à Sarba, dans le Kesrouan, que les renseignements de l’armée ont surpris les deux suspects au second où ils préparaient les comprimés pour le transport. Cette localisation montre une nouvelle fois que la géographie du captagon ne se limite pas aux laboratoires ou aux zones de manufacturing. Après sa fabrication, la marchandise traverse des circuits logistiques pouvant passer par Beyrouth, le Mont-Liban, les ports, l’aéroport ou différentes routes terrestres avant de rejoindre sa vacation spot finale.

Un million deux cent mille comprimés représentent déjà une cargaison nécessitant une organisation. Les pilules doivent être fabriquées ou achetées, transportées, stockées, emballées puis dissimulées. Il faut ensuite disposer d’un itinéraire et de contacts capables de les faire parvenir au marché de vacation spot. La saisie d’un véhicule au stade de la préparation peut donc offrir aux enquêteurs davantage que la easy récupération de la drogue : téléphones, communications, mouvements financiers et contacts des suspects peuvent permettre de remonter une partie de la chaîne.

Le trafic régional s’est longtemps distingué par des méthodes de dissimulation particulièrement élaborées. Des cargaisons ont été retrouvées dans des fruits factices, des meubles, des machines industrielles, des matériaux de development ou différents produits destinés à l’exportation. En décembre 2021, les autorités libanaises avaient ainsi découvert environ 9 tens of millions de comprimés dissimulés dans de fake fruits destinés à un pays du Golfe. En avril 2023, une autre opération avait permis de saisir environ 10 tens of millions de pilules, qui devaient passer par le Sénégal avant de rejoindre l’Arabie saoudite.

Ces routes indirectes permettent aux trafiquants de masquer l’origine réelle des cargaisons. Pour les pays du Golfe, la query ne se limite donc pas au contrôle d’un conteneur en provenance directe du Liban ou de Syrie. Elle exige de reconstituer plusieurs étapes logistiques avant l’arrivée finale.

Une saisie après le document des 64 tens of millions de comprimés

La prise annoncée cette semaine intervient moins d’un an après une opération d’une tout autre ampleur. En septembre 2025, l’armée libanaise avait annoncé la saisie d’environ 64 tens of millions de comprimés de captagon lors d’une opération menée à Bodai, dans la région de Baalbek. Il s’agissait de l’une des plus importantes découvertes réalisées au Liban.

La perquisition avait alors révélé une infrastructure qui ne relevait plus simplement du stockage ou du transit. Les militaires avaient également saisi 79 barils de produits chimiques utilisés dans la fabrication de stupéfiants ainsi que plusieurs machines de manufacturing. L’affaire avait montré que des capacités industrielles existaient encore sur le territoire libanais alors même que l’effondrement du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, avait bouleversé le principal centre régional de manufacturing.

La comparaison entre les deux opérations permet de distinguer deux fronts différents. À Bodai, les autorités avaient découvert un dispositif associé à la manufacturing large. À Sarba, les suspects se trouvaient au stade du conditionnement d’une cargaison destinée à l’étranger. Pour les forces de sécurité, l’enjeu est précisément d’intervenir sur toute la chaîne : laboratoires, fournisseurs de précurseurs chimiques, entrepôts, transporteurs, financiers et réseaux chargés de l’exportation.

La quantité saisie à Sarba ne doit donc pas être interprétée comme un indicateur permettant à elle seule de mesurer l’évolution de la manufacturing. Une baisse du quantity d’une saisie peut simplement signifier qu’un réseau travaillait avec des tons plus petits. À l’inverse, une prise document peut refléter une opération particulièrement réussie sans permettre de savoir quelle proportion de la manufacturing totale échappe encore aux autorités.

L’Arabie saoudite vient seulement de rouvrir la porte au Liban

La lutte contre le captagon possède pour Beyrouth une dimension économique directe. En avril 2021, l’Arabie saoudite avait interdit l’entrée des fruits et légumes libanais après la découverte de plus de cinq tens of millions de comprimés dissimulés dans une cargaison de grenades. Riyad avait ensuite élargi les restrictions aux importations libanaises, en invoquant l’incapacité des autorités à empêcher l’utilisation du pays comme plateforme de trafic.

La mesure avait durement frappé les producteurs libanais. Le Golfe constitue traditionnellement l’un des débouchés naturels de l’agriculture nationale, en particulier pour les fruits et légumes. Les trafiquants avaient ainsi produit un coût qui dépassait largement leur propre activité clandestine : des exportateurs parfaitement légaux avaient perdu l’accès à un marché essentiel parce que des cargaisons commerciales avaient servi à transporter des stupéfiants.

Le contexte a changé depuis 2025. Les autorités saoudiennes ont publiquement salué l’amélioration des efforts libanais contre les trafics. En novembre 2025, Riyad annonçait déjà vouloir renforcer ses relations commerciales avec Beyrouth en raison de l’efficacité accrue attribuée aux companies libanais dans la lutte contre les exportations de drogue. Le 10 juin 2026, l’Arabie saoudite a finalement levé son interdiction sur les importations libanaises, près de cinq ans après son instauration.

La saisie de Sarba intervient donc deux mois seulement après cette décision. Pour les autorités libanaises, chaque cargaison interceptée devient aussi un message adressé aux partenaires du Golfe : le rétablissement des exportations ne peut durer que si le territoire libanais cesse d’être utilisé comme level de manufacturing, de transit ou de réexportation du captagon.

La chute d’Assad a bouleversé l’économie du captagon

La transformation la plus importante du marché régional est survenue en décembre 2024, avec la chute du régime de Bachar al-Assad. Pendant les années de guerre civile et de sanctions internationales, la Syrie était devenue le centre mondial de manufacturing du captagon clandestin. Les enquêtes internationales avaient mis en évidence une industrie d’une ampleur considérable, associée à des responsables et réseaux proches de l’ancien pouvoir.

Après la chute du régime, des laboratoires et entrepôts ont été découverts dans plusieurs régions. L’un des complexes les plus spectaculaires se trouvait à l’ouest de Damas et avait été installé dans une ancienne usine de chips. Les installations découvertes permettaient une fabrication à grande échelle. Des éléments recueillis sur place avaient relié le dispositif à des réseaux proches de Maher al-Assad, frère de l’ancien président et ancien commandant de la Quatrième division de l’armée syrienne.

Avant la chute du régime, différentes estimations situaient la valeur annuelle du commerce mondial du captagon autour de 10 milliards de {dollars}. Une estimation citée lors des investigations menées après décembre 2024 évaluait à environ 2,4 milliards de {dollars} les revenus dont auraient bénéficié les réseaux associés au pouvoir syrien. Ces évaluations restent nécessairement approximatives en raison du caractère clandestin du trafic, mais elles donnent la mesure de l’économie qui s’était développée autour de la drogue.

Le captagon était devenu, dans la Syrie en guerre, bien davantage qu’un marché criminel classique. Les revenus tirés de la drogue avaient été présentés par plusieurs gouvernements occidentaux et arabes comme une supply majeure de devises et de financement pour des réseaux liés au régime. Damas avait toujours rejeté les accusations faisant de l’État syrien l’organisateur du trafic.

La nouvelle Syrie tente de fermer les laboratoires

Depuis le renversement de Bachar al-Assad, les nouvelles autorités syriennes cherchent à démontrer qu’elles veulent rompre avec cette économie. Des websites de manufacturing ont été démantelés et plusieurs importantes cargaisons interceptées. En juin 2025, les forces syriennes avaient notamment annoncé la saisie d’environ 3 tens of millions de comprimés après des affrontements avec un réseau de trafiquants près de la frontière libanaise.

Le changement politique à Damas ne signifie toutefois pas la disparition automatique du marché. Les savoir-faire, les machines, les réseaux de distribution et surtout la demande existaient avant la chute d’Assad et continuent d’exister après lui. L’Workplace des Nations unies contre la drogue et le crime considère toujours le Proche et le Moyen-Orient comme la région la plus affectée par le trafic et la consommation de comprimés commercialisés clandestinement sous le nom de captagon.

La fermeture des anciens websites syriens peut même entraîner une recomposition géographique. Des producteurs peuvent déplacer de petites installations, fractionner les volumes ou s’appuyer davantage sur le Liban et d’autres territoires de transit. Les autorités de Beyrouth et de Damas ont donc intérêt à coordonner davantage leurs efforts, notamment sur la frontière commune.

Une frontière de 330 kilomètres difficile à contrôler

Le Liban et la Syrie partagent environ 330 kilomètres de frontière, dont une partie traverse des régions montagneuses et des territoires longtemps difficiles à contrôler. Des passages officiels existent, mais les routes clandestines utilisées pour le carburant, les marchandises, les armes ou les stupéfiants sont anciennes.

Cette porosité facilite les déplacements dans les deux sens. Des substances ou précurseurs peuvent rejoindre des laboratoires, des comprimés peuvent être transportés vers le Liban et des cargaisons peuvent ensuite être réorientées vers les ports ou les routes internationales. Le contrôle ne dépend donc pas uniquement des postes-frontières officiels.

Depuis 2025, les nouvelles autorités des deux pays ont affiché leur volonté de renforcer la coordination frontalière. L’enjeu dépasse le captagon et englobe les armes, les réseaux criminels et différents trafics. Mais la drogue reste l’un des dossiers sur lesquels les monarchies du Golfe attendent des résultats concrets.

Pour le Liban, la difficulté consiste notamment à reprendre le contrôle de zones où l’État a longtemps été concurrencé par des réseaux locaux puissants. Les opérations militaires menées dans la Békaa depuis 2025, les arrestations de plusieurs trafiquants recherchés et les saisies de laboratoires illustrent ce regain d’activité.

Le Hezbollah visé par des accusations qu’il dément

Le file du captagon possède enfin une dimension politique particulièrement smart au Liban. Des responsables américains, occidentaux et arabes ont accusé au fil des années des réseaux liés au Hezbollah d’avoir participé à la manufacturing, à la safety ou au trafic de captagon entre la Syrie et le Liban. Washington a notamment placé sous sanctions plusieurs individus présentés comme impliqués dans le commerce de la drogue et liés simultanément à des réseaux proches de l’ancien régime syrien et du mouvement chiite.

Le Hezbollah a toujours démenti toute implication dans la manufacturing ou le trafic de stupéfiants. Il présente ces accusations comme une campagne politique destinée à le discréditer. Aucun élément communiqué par l’armée concernant la saisie de Sarba ne permet, à ce stade, d’associer les deux personnes arrêtées au Hezbollah ou à une autre organisation politique.

Cette distinction est essentielle. L’existence d’accusations historiques sur les réseaux du captagon ne permet pas d’attribuer automatiquement chaque cargaison découverte à un acteur politique. L’enquête sur les 1,2 million de comprimés devra établir son propre réseau, sans extrapolation à partir des affaires précédentes.

La chute du régime Assad rend néanmoins la query particulièrement importante. Si les anciennes buildings syriennes ont été démantelées, les saisies réalisées depuis montrent que la drogue proceed de circuler. Le marché régional n’a donc pas disparu avec le pouvoir qui en avait fait, selon de nombreuses enquêtes, une supply de revenus considérable.

Le véritable check start après la saisie

La seize de 1,2 million de comprimés empêche une cargaison de rejoindre son marché. Elle ne permet pas encore de savoir si le réseau qui l’a produite ou financée a été démantelé. Les deux personnes arrêtées à Sarba peuvent constituer les derniers maillons d’une chaîne beaucoup plus massive.

L’enquête devra maintenant déterminer d’où venaient les pilules et où elles devaient aller. La réponse permettra notamment de savoir si le Liban reste principalement un pays de transit pour certaines cargaisons produites ailleurs ou si des capacités de manufacturing nationales continuent d’alimenter le marché régional malgré les opérations menées depuis 2025.

Pour Beyrouth, l’enjeu dépasse les deux suspects et leur véhicule. Après la saisie document de 64 tens of millions de comprimés à Bodai, les opérations contre les trafiquants et surtout la levée en juin de l’interdiction saoudienne sur les importations libanaises, les autorités cherchent à convaincre les pays du Golfe que le changement est sturdy. La saisie annoncée cette semaine montre que les réseaux sont toujours actifs. L’identité de ceux qui se trouvent derrière les 1,2 million de comprimés de Sarba dira maintenant si ces réseaux se sont simplement adaptés à la nouvelle réalité régionale ou si leur infrastructure start réellement à reculer.

Pour aller plus loin

– Commercial –



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